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L’Echo sur le marché d’intérieur: ‘Nos meubles ont le cul entre deux chaises’

Pour vendre des meubles, le magasin traditionnel ne fait plus recette. Sans surprise, le monde a bougé plus vite que l’enseigne Vastiau-Godeau. Dans un marché bouleversé, des tendances émergent, dit l’Echo.

Prenez le marché de l’ameublement. Passez-le sous la loupe d’un architecte d’intérieur, il vous dira sans doute avec son regard d’expert que “les meubles ne savent plus où se mettre”. Parce qu’entre une conjoncture inflationniste, des impératifs de durabilité, et une concurrence accrue des discounters, se positionner est loin d’être aisé.

Dire que “votre mobilier a le cul entre deux chaises” peut paraître un tantinet vulgaire, mais c’est que les nouvelles ne sont guère réjouissantes. Vastiau-Godeau n’est pas la seule enseigne à avoir baissé le rideau. Les Meubles Heylen, ont été déclarés en faillite en juin 2023. En France, l’enseigne Habitat vient d’être placée en liquidation fin décembre, et deux mois plus tôt, c’est Maison du Monde qui avertissait d’un plongeon prévu de presque 10% de ses ventes – un “profit warning”, disent les avertis.

L’industrie belge de l’ameublement file un mauvais coton

Parler de série noire serait pourtant précipité. Entre la montée en puissance de la chaine danoise Jysk en Belgique, un Ikea qui parvient à maintenir de la croissance en dépit de l’inflation, et le succès grandissant des meubles de seconde main, le panorama du meuble est en réalité très éclaté.

Mobilier de jardin ou de salle à manger, mobilier destiné aux bureaux, en passant par la literie… tous sont à la croisée des chemins. Lesquels? Un, l’inflation qui érode le pouvoir d’achat de certains ménages, et freine l’intérêt des consommateurs pour leur aménagement intérieur.

‘Le magasin traditionnel resté dans son jus ne survivra pas aux bouleversements du marché, mais il reste de la place sur les étagères. Il est encore temps pour les acteurs belges de tirer leur épingle du jeu.’

Moins de volumes, plus de valeur

Deux, l’inflation toujours, mais celle qui fait augmenter le prix des matériaux et les coûts de production. Trois, la hausse des taux d’intérêts, qui ralentit l’accès à la propriété pour de nombreux ménages. ‘Tant les mises en chantier que les transactions immobilières dans le bâti ancien reculent. Pour l’ameublement, cela signifie moins de ventes’, ajoute Tom Steenhoudt, de l’Union de l’intérieur (anciennement “Navem”).

Ajoutez une couche de déploiement à toute vitesse de certains discounters dans l’ameublement et la déco (Action, pour n’en citer qu’un), une couche de seconde main qui prend son envol, et vous avez un paysage en kaléidoscope des enjeux de votre design intérieur.

Les producteurs pris en étau

Pour les producteurs belges de meubles, historiquement plutôt situés dans le moyen de gamme, cela implique dans les grandes lignes d’être pris en étau entre, d’une part, la concurrence de grands acteurs internationaux sur les prix bas, et de l’autre, les meubles haut de gamme qui affichent une santé de fer. Entre deux chaises, disions-nous.

Des portes de sorties existent. D’abord, l’affirmation de marques belges – historiquement inexistante ou presque dans le moyen de gamme – émerge dans les collections d’entreprises comme Mecam ou Theuns.

Ensuite, le meuble comme service se profile. Citons le producteur belge Ethnicraft, pas à proprement parler positionné sur un segment d’entrée de gamme, qui se met à la location et à la seconde main. Enfin, la circularité du mobilier s’impose, pour se différencier des produits importés, à l’instar de la start-up Sofar, qui propose un canapé circulaire et évolutif – à cet égard, le maintien des investissements dans le secteur des producteurs de meubles, est plutôt encourageant.

Le magasin traditionnel resté dans son jus ne survivra pas aux bouleversements du marché, mais il reste de la place sur les étagères. Il est encore temps pour les acteurs belges, qu’ils soient producteurs ou commerçants, de tirer leur épingle du jeu.

 

 

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